En quête de sens et de naturalité, les consommateurs du monde entier exigent de l’industrie agroalimentaire transparence et traçabilité. Une aspiration au mieux manger qui se pare de valeurs éthiques et humaines, pour une alimentation plus authentique.

 

Alors que le Salon international de l’alimentation (Sial) vient de fermer ses portes à Paris, la question alimentaire occupe de plus en plus l’esprit des consommateurs du monde entier. Si la grand-messe de l’industrie agroalimentaire a, cette année encore, rivalisé d’innovations et de recettes inattendues, une tendance s’est clairement dessinée lors de ces trois jours de show et de débats : nos assiettes doivent avoir du sens.

« Les attentes des consommateurs en termes de santé, d’authenticité, de transparence, de proximité et de bien manger n’ont jamais été aussi fortes »

91% des Français souhaitent davantage de transparence sur les produits alimentaires qu’ils consomment, révèle l’étude Food 360° et 78% se disent prêts à payer plus cher pour valoriser les agriculteurs et agricultrices… Décidément, l’alimentation ne se résume plus à une belle campagne marketing et des produits doudous imaginés par les publicitaires pour nous faire retomber en enfance. Sous nos fourchettes, nous voulons du vrai, de l’authentique. Il aura suffit d’arpenter les allées du Sial pour constater, qu’à presque tous les stands, les mentions « organic », « natural », « bio » ou encore « healthy » figuraient comme les attributs majeurs des innovations présentées. À une époque traumatisée par les scandales alimentaires et la perte de repères engendrée par des chaînes alimentaires trop longues, la notion de naturalité est devenue le nouveau mantra des industriels. Les consommateurs, eux, exigent la traçabilité. Un désir qui se matérialise dans la fréquentation accrue des circuits courts et des achats directs auprès des éleveurs ou des producteurs. Un Français sur six est typé bio-local, indique Nielsen, c’est autant que la part des consommateurs (6%) pour qui le bien-être animal a une influence sur leurs achats alimentaires. Les récentes vidéos publiées par l’association L214 et le buzz médiatique autour des abattoirs ou des conditions d’élevage ne sont pas les seuls facteurs de cette évolution. Une aspiration au végétarisme et au véganisme s’esquisse. Elle est certes encore marginale, mais comme tous les signaux faibles, il convient de ne pas la négliger.

 

Notre alimentation, demain

Conscients de ces attentes, les fabricants s’adaptent à ces nouveaux comportements alimentaires, qu’ils soient installés (c’est le cas du bio, un marché qui pèse plus de 8 milliards d’euros en 2018) ou émergents. La marque provençale Spigol, spécialiste des épices et aromates issus du monde entier, séduit une clientèle «ethnic-food» grâce à ses circuits d’approvisionnement garantissant à ses produits la traçabilité et une qualité gustative intacte. L’entreprise, certifiée IFS depuis 1992, achète en direct aux producteurs et a fait de la sécurisation de ses approvisionnements un enjeu majeur. Depuis toujours, elle privilégie les circuits courts et les matières premières locales. Cette logique de proximité est également partagée par le producteur d’oeufs Coquy. L’entreprise familiale a développé des partenariats avec des éleveurs régionaux partageant avec lui les valeurs du bien-être animal dont il est le précurseur. Depuis plusieurs années, le fabricant a bannit la production d’œufs de poules élevées en cage. Celles-ci sont élevées au sol, en plein air ou en élevage biologique dans la région Bourgogne Franche-Comté.

« On le voit, des alternatives se construisent, peu à peu, autour du thème du mieux manger »

La montée du flexitarisme, qui consiste à baisser la consommation de viande, a entraîné la création d’aliments d’un nouveau genre, portés par la Food Tech et ses innombrables start-ups. Substituts aux produits laitiers à base de protéines de pois ou succédané à la viande grâce au soja : l’industrie agro-alimentaire fait de la R&D son premier levier de développement. On retiendra, dans ce sens, le Grand Prix Innovation Sial 2018, décerné aux tablettes de légumes Cocasse, 100% bio. Présenté sous la forme d’une tablette de chocolat, cet ingrédient facile à cuisiner a été conçu dans le but de lutter contre le gaspillage alimentaire, tout en offrant une seconde vie aux légumes « laissés-pour-compte ». Avec une pincée d’idées, d’épices et un soupçon d’éthique, nos assiettes n’ont pas fini de nous surprendre…

Article publié originalement sur LinkedIn le 08 novembre 2018.