L’impact social d’une organisation, ce sont les conséquences de son activité sur ses parties prenantes externes ou internes. Qu’il s’agisse de bénéficiaires, usagers, clients ou de salariés, bénévoles et volontaires, l’impact d’une association sur son environnement est difficile à mesurer.

« S’il n’y a pas de standardisation de cette mesure de l’impact, elle permet de tisser des liens avec les bénévoles, les collaborateurs et même, dans le cas d’une association, avec les financeurs » estime Arnaud Bergero, directeur des opérations Goodwill Management

Cette mesure de l’impact peut passer par la formalisation du cadre logique, indispensable au niveau européen pour les projets associatifs soit par la comptabilité qui intégrerait alors des aspects non financiers.

Retour sur l’une des conférences du forum national des associations et fondations d’octobre 2019.

 

L’accompagnement des associations par l’expert-comptable ou le commissaire aux comptes

L’expert-comptable peut aider les associations à mesure leur impact social à plusieurs niveaux. Ils vont de la formalisation du cadre logique aux attestations en passant par le choix des indicateurs non financiers et la collecte des données.

Le cadre logique permet « de transformer l’objet social en une structure qui permet de préciser les objectifs globaux et de les détailler davantage » estime Chakib Hafiani, expert-comptable et président du comité secteur non marchand du CSOEC.

Pour lui, il faut « trouver l’équilibre entre le cadre logique assez formalisé et le niveau d’activités qui doit rester important ».

Il doit permettre de mieux décrire les objectifs de l’association, de les détailler en objectifs généraux et spécifiques et de les traduire en résultats attendus et activités à réaliser.

3 indicateurs lui semblent être un minimum sans jamais dépasser les dix indicateurs.

« L’approche par l’impact social n’est qu’un moyen d’évaluation parmi d’autres mais c’est une approche plus lisible, plus factuelle pour les financeurs présents et à venir et qui permet de prouver l’efficience et l’efficacité de l’activité ».

Attention toutefois à ne pas fixer d’indicateurs trop complexes avec des données trop difficiles à obtenir pour la structure. Car « avant de choisir les indicateurs, il faut réfléchir à la méthodologie de collecte des informations qui doivent alimenter ces indicateurs ».

 

Le rôle de la comptabilité dans la mesure de l’impact social des associations et entités au sens plus large

Le choix des indicateurs non financiers dépend des objectifs poursuivis et doit permettre d’obtenir la même pertinence qu’en cas d’indicateurs financiers. « Les indicateurs dépendent des objectifs » explique François Jegard, expert-comptable et président du club développement durable du CSOEC.

Pour lui, « les modalités de traitement de l’information financière doivent avoir la même rigueur que les éléments financiers dans la collecte, le traitement et la restitution ». Et c’est là que les règles comptables sont importantes puisqu’elles ont cette rigueur.

Tout l’enjeu consiste à « créer une grammaire au fil du temps avec une doctrine sur la manière de traiter l’information ». Cette grammaire naîtra de la pratique et précédera les normes comme ce fût le cas de la comptabilité générale à ses débuts et de la comptabilité analytique.

Aujourd’hui, c’est « l’incidence des changements climatiques qui incitent à mettre en place des démarches de maîtrise des risques et des éléments de valeurs non financiers ». C’est devenu une nécessité.

Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’Économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale voit une solution dans la comptabilité analytique, moins réglementée que la comptabilité générale ou dans la comptabilité à triple capital, l’une des comptabilités environnementales. Pour lui, si chaque entreprise qui s’est dotée d’une comptabilité analytique, on créait la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux

Il encourage les associations de l’économie sociale et solidaire (ESS) à aller dans le sens de l’innovation environnementale et sociale et à se doter d’outils qui permettent de dépasser les questions financières pour se concentrer sur une démarche de progrès individuelle et collective.

Il faut désormais « trouver les outils pratiques, créer la pratique » conclut François Jegard en rappelant que « le cadre comptable n’est qu’un outil pour structurer la démarche de collecte, de traitement et de restitution des informations non financières qui permet d’avoir une démarche de qualité sur ces sujets ».

 

Article publié originalement sur Compta Online le 03 novembre 2019. Auteur : Sandra Schmidt.