Lettre ouverte à  tous ceux qui se mobilisent pour ma planète et l’avenir des générations futures :

 

Ces dernières semaines, dans plusieurs pays Européens, des mobilisations, notamment de jeunes citoyens, voient le jour pour défendre la préservation de l’environnement. C’est un rayon de soleil dans le paysage politique et social actuel, qui oublie l’avenir de ses enfants et passe à côté de l’enjeu central de nos sociétés. Il suffirait de sortir de nos bibliothèques nos livres d’Histoire pour comprendre que derrière les conflits humains, se cachent l’accès à l’eau, aux richesses agricoles ou minières et à l’énergie, en un mot, à l’environnement. La préservation de l’équilibre environnemental est un facteur clé de paix et de sécurité.

 

Mais ceux qui conduisent ces initiatives doivent intégrer le fait que l’environnement, est par nature, un sujet « complexe ». Notre société laisse peu de place à la complexité, entre réseaux sociaux et information continue. Mais si l’on veut défendre correctement l’environnement, cela ne peut se faire avec une pensée simpliste. La complexité (« cum plexus », du latin « noué avec) caractérise le fait que les différentes composantes d’un système sont liées les unes aux autres et interagissent. Les dérèglements environnementaux actuels sont, et cela est établi, directement liés à l’activité humaine, autrement dit, à notre économie. Il est donc juste de faire le lien entre environnement et économie, en revanche, il est imprécis de les opposer !

 

Les travaux que nous avons menés avec Marc Jacouton, expert RSE, publiés dans l’ouvrage « Performance Economique Responsable » (éditions DEMOS) montrent en effet que le problème n’est pas notre « modèle économique », mais la dimension « temporelle » des objectifs des acteurs économiques et autres parties prenantes (états, entreprises, particuliers). Ainsi, si une entreprise se fixe des objectifs économique moyens à longs termes, ses décisions (investissements, conception produits, politique sociales, éthique des affaires, …) seront compatibles avec une logique de préservation de l’environnement, mais aussi de contribution sociale et sociétale. Cela correspond à une vision « patrimoniale » de l’entreprise. A l’opposé, si les objectifs sont courts termes, dans une logique de profitabilité immédiate sans perspective d’avenir, les actions menées iront à l’encontre de la préservation de l’environnement, mais aussi des salariés, des fournisseurs et in fine des consommateurs.

 

L’étymologie du mot « durable » prend tout son sens. Arrêtons d’opposer l’économie et l’entreprise à l’environnement, acceptons de considérer la globalité et la complexité du problème qui se pose à nous, avec une lecture rationnelle et moins idéologique.

 

Olivier Brongniart
Directeur Générale abCSR, Président groupe Cost House