Après une décennie de tests et d’expériences, 2020 ouvre de nouvelles perspectives au déploiement à grande échelle des solutions durables. Les consciences sont prêtes, toutes les bonnes initiatives qui marchent propres à être appliquées, la volonté et les moyens sont là, la réglementation progresse dans ce sens. Tous les éléments sont en place pour que la démarche RSE change d’échelle et se démocratise.

 

Une décennie s’achève, une autre s’ouvre. 2020 sera l’année de toutes les accélérations. Accélération de la prise de conscience des enjeux écologiques, économiques et sociaux, de l’engagement des marques et des consommateurs pour un comportement d’achat plus responsable, de l’inscription des entreprises dans une démarche RSE affirmée à la mise en place d’une réglementation en faveur de l’économie circulaire. Si 2019 a marqué la convergence des énergies positives, 2020 nous fait entrer dans la décennie de l’accélération de l’action et des bonnes pratiques, développées à grande échelle. La précédente décennie aura été le terreau de nombreuses expérimentations, celle à venir sera la consécration des solutions qui ont fait leurs preuves et leur mise en œuvre dans le quotidien des citoyens.

 

Je vous souhaite une bonne année avec beaucoup d’échecs. Pour réussir, accordez-vous le droit à l’échec.

 

Agroalimentaire : manger mieux

Ces dernières années ont vu naître le courant de la slow-food (l’anti fast-food) et le retour aux circuits courts pour une agriculture plus locale, raisonnée et authentique. Les consommateurs ont entraîné les marques dans leur engagement pour des recettes simplifiées, à base de produits de saison, souvent biologique et à l’empreinte carbone limitée. L’action se joue aussi dans nos assiettes et le mouvement devrait s’amplifier au cours de la prochaine décennie à travers la création de nouveaux modes d’alimentation : moins de produits carnés, plus de légumes, fruits et céréales. Grande distribution et fournisseurs suivent la cadence et le rythme des innovations sur le segment « healthy food » et bio ne fait que s’intensifier, traçabilité à l’appui. L’ère du bien manger a sonné.

 

Mode : sustainable is beautiful

Mode durable. Dans tous les domaines, le consommateur fait entendre sa voix. Le glissement subtile mais progressif d’une société de l’avoir vers l’être est, certes, naissant mais bien réel. En témoigne, le succès du marché de l’occasion, du vintage et de la customisation. Plus personnalisée, plus vertueuse, moins consommatrice de matériaux et d’énergie, la mode se met elle aussi au diapason de l’écologie. La fashion fait sa révolution, impulsée par les marques de luxe et suivies par les acteurs du fast-fashion. Elles sont de plus en plus nombreuses à faire sonner la petite musique de la mode responsable et éthique. Des démarches collectives consacrées par le Fashion Pact signées par une centaine de marques internationales de la mode, soit près de 30% des volumes de textiles mondiaux, initiée lors du dernier G7 à Biarritz. Sustainable is beautiful et cela concerne également les acteurs du vêtement de travail, précurseurs en matière de vêtements professionnels éco socio responsables.

 

Packaging : plastic free

Exit les matériaux polluants et impactants pour la planète, le plastique et autres emballages inutiles. Dans tous les pans de notre vie, il est possible de faire un geste pour protéger notre planète et de plus en plus de solutions s’offrent à nous. Le succès de la vente en vrac et le déploiement des enseignes dédiés à ce mode de conditionnement atteste d’un changement de mentalités. L’anti-gaspi, largement plébiscité par les jeunes générations de consommateurs sensibles aux discours écologiques s’invite dans les rayons de la grande distribution. Même à Noël, le papier cadeau cède la place au papier kraft, carton, journaux ou tissu… Canne à sucre, lin, bio-plastiques et bien d’autres matières alternatives – seront les matériaux de l’avenir. Des alternatives d’autant plus regardées que la loi sur la transition énergétique prévoit la fin de la mise disposition de la vaisselle jetable de table en plastique en 2020.

 

Business for good : purpose brand

Ces initiatives n’auraient pas la même ampleur si elles ne reflétaient pas un changement systémique au sein même de notre économie. Fait révélateur en 2019, la loi Pacte a gravé dans le marbre le statut d’entreprises à mission. Une pierre de plus à l’édifice en construction d’un « Business for good » où l’entreprise, contributive et inclusive, privilégie la durabilité et le respect des hommes et de la planète aux profits à court-terme. Le temps où l’acronyme RSE soulevait les questions du « quoi » et du « pourquoi », aujourd’hui, c’est le comment qui s’impose au sein des entreprises. L’application concrète de la responsabilité sociétale passe par la maximisation des impacts positifs et la réduction des impacts négatifs de nos modèles économiques : c’est la raison d’être des entreprises de l’année 2020 et des suivantes. Élargir le spectre au delà des activités pour contribuer aux enjeux sociétaux : tel est le défi de cette nouvelle décennie.

 

Tipping point 2020

Ces changements sont le signe que le point de basculement a été atteint. Les chemins de la fabrication et de la consommation responsables ont été, pendant dix ans, défriché par des entreprises pionnières : Patagonia, Nature & Découvertes, Biocoop et bien d’autres. D’abord, regardés comme marginaux, puis devenus de plus en plus populaires hors des frontières de la communauté et des activistes engagés. Le bio, le local, l’éthique et le responsable sont des notions qui se sont implantées en douceur mais durablement au sein de notre société. Les 10% de défricheurs ont finalement emmené dans leur sillage le reste du monde et il est aujourd’hui impossible d’imaginer un retour en arrière à des cultures ou des modes de productions intensives, aux externalités négatives pour l’Homme et la planète. Avec optimisme, on peut légitimement penser que sur ce point, l’avenir ne sera que meilleur. La RSE va se démocratiser en s’insérant dans l’ensemble des métiers de l’entreprise. Inventée en 2010 et entérinée par la norme internationale ISO 26000, la responsabilité sociétale des entreprises fête cette année ses 10 ans.

 

En 2020, la RSE passera de l’enfance à l’âge de l’adolescence, pour le meilleur et pour le pire.

 

Article publié originalement sur LinkedIn.fr le 31 décembre 2019. Auteur : Marc Jacouton.