2018 a été marquée par des actes forts en matière de RSE de la part des entreprises impliquées, tant pour les grands groupes, de plus en plus poussés par la réglementation et leurs consommateurs, que les PME, plus volontairement engagées. 2019 devra être l’année de l’accélération des convergences d’énergie et des initiatives fédératrices.

Voilà une année 2018 qui s’achève sur un bilan riche en avancées positives. Notamment dans les domaines de l’agro-alimentaire, de la filière textile et des services, trois secteurs fortement engagés en matière de développement durable/ RSE, les lignes bougent et les « change makers » continuent de dessiner les contours de l’économie de demain. Une industrie plus transparente, favorisant les circuits courts et le recyclage des déchets au sein d’une économie circulaire sont les trois grands chantiers communs aux entreprises qui s’inscrivent dans le changement et répondent, par là-même, aux aspirations des consommateurs. Ces nouveaux écosystèmes reposent sur une nécessaire logique de collaboration entre les parties prenantes, et elles l’ont prouvé, à travers leurs initiatives, durant toute cette année.

La loi Pacte, votée en juin dernier, a eu pour vertu de faire progresser la réflexion RSE des entreprises en évoquant leur responsabilité sociale et environnementale, jusqu’à s’interroger sur sa raison d’être. Grâce à ce texte, celles-ci ont pris conscience de leur impact sur la planète et intégré des plans d’actions concrets au sein de leur organisation. Faisons le pari qu’il y a aura un avant et un après projet de loi Pacte : 2019 devra nous le confirmer. En octobre dernier, Les États Généraux de l’Alimentation ont abouti au projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous. Si le texte est imparfait, il n’en affirme pas moins une volonté réelle des acteurs de la filière de rétablir un équilibre des forces plus pérenne entre producteurs et acheteurs. Ne pas oublier, non plus, la publication par le Ministère de la transition écologique d’une feuille de route sur l’économie circulaire. Soit 50 mesures qui visent à orienter les consommateurs, renforcer la gouvernance des filières de Responsabilité élargie des producteurs (REP) et rentabiliser le recyclage mais aussi allonger la durée de vie des produits et développer la réparation.

Synergies entre grands groupes et PME

On pensait immuables certaines institutions mais force est de constater que face à l’urgence – sociale, économique, environnementale – les entreprises se remettent en question, à tous les niveaux. Pour gagner le combat de la confiance des consommateurs, dans un climat de défiance généralisé (dont le mouvement des Gilets Jaunes est l’expression), seule l’union fait la force. PME et grands groupes, fournisseurs et donneurs d’ordre : si l’on veut changer d’échelle demain, et apporter aux démarches constructives la caisse de résonnance qu’elles méritent, il faut savoir se regrouper et réunir nos forces pour mieux travailler ensemble : co-construire.

« Relations entre grands groupes et PME : un atout reste à révéler, celui de la RSE. »

Il serait alors impossible de commencer 2019 sans remercier collectivement les PME pionnières de la RSE qui ont marqué l’année 2018. À ce titre, je cite notamment les entreprises engagées #CEPOVETT, dont je salue la vision d’un vêtement professionnel éco socio responsable #TDV Industries pour oser réhabiliter la filière lin 100% française et faire renaitre des tissus issus de vêtements en fin de vie #COQUY pour maximiser ses approvisionnements en matières premières locales ainsi que son combat pour le bien-être animal #CEPASCO pour son engagement dans la bio. Et parce que la finance aussi se responsabilise, donnons en exemple #IXO Private Equity qui intègre l’impact RSE dans ses investissements, tout comme #SENIORIALES qui invente une nouvelle façon d’habiter pour ses résidents.

Vers une entreprise contributive

Pour 2019, l’objectif est d’aller encore plus vite et plus loin. Faire converger les énergies positives dans tous les secteurs, chacun avec ses spécificités, son expertise mais en oeuvrant dans une direction commune. Les frémissements de 2018 devront se concrétiser en véritables mutations, les signaux faibles devenir des signaux forts. Les consommateurs sont mûrs et ils attendent de nos entreprises et de nos industries des actes marquants. Ils se disent prêts à acheter de la qualité, de la traçabilité, à préférer les circuits courts. En cette nouvelle année, exauçons leurs souhaits !

« En 2019, les frémissements de 2018 devront concrétiser ce changement d’échelle de la RSE pour embarquer nos 3 millions de PME. »

Les nouvelles technologies doivent impérativement contribuer à ce changement d’échelle. En évaluant la performance RSE des entreprises, par exemple. Ainsi, la start’up abCSR permet aux PME de mesurer leurs contributions RSE ou leur empreinte socio-économique et environnementale. La notation extra-financière et les indicateurs RSE générés à partir des données comptables et fiscales de l’entreprise offrent les moyens de créer des liens durables avec leurs parties prenantes (clients, salariés, fournisseurs…) fondés sur des résultats RSE tangibles, mesurables et communicants. Encourageons la prise de conscience de la mesure de la performance économique !

Car il ne s’agit pas seulement de SI ou de processus de fabrication mais bel et bien de gouvernance. L’engagement RSE se porte au plus haut niveau des organisations. Si 2018 a été une année de mobilisation et de recherche de sens des hommes et des femmes au cœur des organisations, 2019 sera celle de l’entreprise contributive : une entreprise qui ne se résume pas qu’à la création de l’emploi ou de valeur économique mais qui ouvre un nouveau volet RSE. Agir sur le climat en contribuant à compenser les émissions de carbone, lutter contre l’obésité, participer à densifier le tissu local ou à restaurer des savoir-faire et des métiers qui ont fait l’identité de nos régions sont autant d’actions à mener pour redonner du sens à notre économie. Telle est l’ambition de l’entreprise contributive et la feuille de route de la RSE de demain.

 

Article publié originalement sur Linkedin le 31 décembre 2018.